Passer indépendant ou ouvrir une société en Suisse retire le filet de l’employeur. La caisse maladie paie les soins, pas le chiffre d’affaires. Une RC privée ne répond pas à une erreur de mandat. Le courtage utile commence par ces séparations, avant le tableau de primes.
Un courtier en assurance ne vend pas la police d’une seule compagnie. Il part du risque — personne, activité, biens, salariés — puis il compare plusieurs assureurs sur les garanties, les franchises et les exclusions. La prime la plus basse n’est un résultat que si le sinistre visé est bien dans le contrat.
En Suisse, ce travail n’est pas le même pour un salarié, un indépendant et une PME. Le salarié hérite d’une partie de la couverture via l’employeur. L’indépendant et le dirigeant de petite structure doivent la reconstruire. Le courtage en assurance consiste à dire ce qui manque, ce qui fait doublon, et ce qui peut attendre.
La caisse maladie ne remplace pas le revenu
Toute personne domiciliée en Suisse a une assurance maladie de base, LAMal comprise. L’indépendant la choisit lui-même : il n’y a pas de contrat collectif d’employeur. La caisse prend en charge les soins selon la loi. Elle ne verse pas le chiffre d’affaires des semaines où vous ne pouvez pas facturer.
C’est le rôle d’une assurance perte de gain. Elle verse une indemnité après un délai d’attente fixé au contrat. Ce délai se compte souvent en semaines. Le raccourcir augmente la prime ; l’allonger suppose d’avoir de quoi tenir entre-temps, loyer et charges compris. Le montant assuré se déclare : un revenu sous-estimé pour baisser la prime produit une indemnité trop basse le jour de l’arrêt. Un revenu surévalué peut être ramené à ce que vous pouvez justifier.
La même logique vaut pour une PME dont le dirigeant est aussi le principal producteur. Assurer les murs et oublier son revenu laisse la société sans la personne qui la fait tourner.
L’accident dépend du statut, pas du métier
Le salarié occupé au moins huit heures par semaine chez le même employeur est en général couvert par la LAA pour les accidents professionnels et non professionnels. La prime accidents non professionnels est souvent déduite du salaire. L’inclure en plus dans la LAMal revient à payer deux fois.
L’indépendant n’a pas cet employeur. L’accident n’est pas couvert « parce que le métier est physique ». Il se règle de façon explicite : couverture accidents dans la LAMal, assurance accidents séparée, ou volet accident de la perte de gain. Oublier les trois laisse les soins d’accident et le revenu d’arrêt sans payeur distinct. Un indépendant qui embauche plus tard devra, en plus, affilier ses salariés à la LAA : sa propre couverture ne devient pas automatiquement la leur.
Trois responsabilités civiles, trois contrats
Les noms se ressemblent. Les sinistres, non.
La RC privée couvre la vie hors activité : un dégât causé à un tiers le week-end, un dommage dans le cadre familial. Elle ne répond pas à une prestation facturée.
La RC exploitation (ou RC entreprise) couvre l’activité quotidienne matérielle : un client qui chute dans les locaux, un collaborateur qui abîme un bien, un produit qui cause un dommage. Elle regarde les lieux, les travaux, les objets confiés.
La RC professionnelle couvre l’erreur de prestation : conseil inexact, calcul faux, délai de mandat manqué, rapport incomplet. Le point sensible est le préjudice financier pur, une perte d’argent sans casse ni blessure. C’est le risque des fiduciaires, architectes, ingénieurs, développeurs, agences, professions de santé et de conseil.
Elle n’est pas légalement obligatoire pour toutes les activités. Elle le devient par une loi de branche, une autorité, un appel d’offres ou une clause du contrat client. Signer un mandat qui l’exige, sans police à jour sur l’activité déclarée, est un problème de contrat autant que d’assurance. La police doit nommer le métier réellement exercé : une activité ajoutée en cours d’année et non déclarée sort souvent de la garantie.
Le matériel professionnel sort souvent du ménage
L’ordinateur, l’outillage, le stock et le local professionnel ne sont pas « inclus » dans une assurance ménage souscrite comme particulier. Le ménage couvre les biens privés, dans les limites du contrat. Le matériel qui sert à facturer se déclare dans une couverture d’inventaire, de matériel ou de locaux, avec les sommes réelles.
Le mélange est le sinistre le plus banal des petites structures : le vol du portable est déclaré au ménage, l’assureur constate un usage professionnel, et le refus arrive après coup. Un véhicule utilisé pour les chantiers ou les livraisons pose la même question côté casco et usage déclaré.
La cyberassurance suit la même ligne dès que des données clients, un outil de facturation ou une messagerie font tourner l’activité. Elle ne remplace pas une RC professionnelle si le dommage est une erreur de conseil, et la RC professionnelle ne remplace pas la remise en route d’un système bloqué.
La prévoyance ne se verse plus toute seule
Sans employeur, le 2e pilier n’est pas alimenté à votre place. L’indépendant peut s’affilier à titre facultatif à une institution de prévoyance, verser au pilier 3a, ou combiner les deux. Sans caisse de pension, le plafond de versement au 3a est plus élevé : c’est un effet du statut, pas un produit en soi. Le choix entre un 3a en banque et un 3a en assurance dépend du revenu, parfois irrégulier, et du besoin de couvrir le décès ou l’invalidité. Une prime d’assurance fixe se supporte mal une année sans mandat.
Reporter cette couche « à la première bonne année » laisse les années suivantes sans rattrapage simple. Les rachats et les versements ont des plafonds et des règles fiscales. Ils ne reconstruisent pas dix ans d’absence en une fois.
Dès le premier salarié, d’autres obligations apparaissent
Une PME avec du personnel ajoute des couches que l’indépendant seul n’a pas.
La LAA devient obligatoire pour les salariés. La perte de gain maladie des employés est très souvent prévue par contrat de travail ou par convention collective, même lorsqu’elle n’est pas une assurance fédérale universelle : le barème, le délai d’attente et le pourcentage du salaire se lisent dans ces textes, pas dans la police du dirigeant.
La LPP s’enclenche pour les salariés qui dépassent le seuil d’entrée et remplissent les conditions d’âge. Le dirigeant salarié de sa propre société n’est pas traité comme un indépendant au sens de l’AVS : le statut déclaré commande la prévoyance. Se tromper de statut au registre, puis « corriger » par une assurance individuelle, laisse un trou entre ce que la loi attend et ce que la police couvre.
La RC exploitation et, selon les métiers, la RC professionnelle doivent inclure les actes des collaborateurs, pas seulement ceux du fondateur. Un sous-traitant n’est pas automatiquement dans la police : la clause se vérifie avant le chantier ou le mandat, pas au moment de la réclamation.
Lire le portefeuille à chaque changement de mandat
Le moment utile pour revoir les contrats n’est pas seulement l’échéance annuelle. C’est un nouveau type de client, un local, un associé, un premier employé, un chiffre d’affaires qui ne correspond plus à la somme assurée en perte de gain. Changer toute la pile à chaque fois n’est pas nécessaire. Il faut savoir ce qui reste valable, ce qui se modifie par avenant, et ce qui se résilie seulement à date, sans jour sans couverture.
Un courtier indépendant comme Finwise Assurances fait cette lecture pour des indépendants et des entreprises : revenu, responsabilité professionnelle, biens, santé et prévoyance dans le même dossier. Le tableau de primes vient après. Il ne dit pas si le sinistre que vous craignez est celui que le contrat paie.